
Lemouzy |
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Marque: Lemouzy |
Type: HN5 |
Année 1937 |
Module: Oui |
Tubes: 5Y3GB, 6F6, 6Q7, 6K7 et 6A8 |
Type: Superhétérodyne |
Gammes d'ondes: 3 gammes. GO, PO, OC |
Retauration: Septembre 2026 |
Schéma: non |
Documents: non |
Il s’agit d’un Lemouzy, modèle HN5, appartenant à la série OYO n° 21.
Je n’ai pas encore trouvé d’information fiable permettant de déterminer précisément à quoi correspond la désignation « série OYO ». Le modèle HN5 est bien référencé chez Lemouzy et daté de 1937 à 1939, ce qui correspond parfaitement à la période de cette radio.
La désignation « OYO n° 21 » pourrait correspondre à une série commerciale, une variante de fabrication ou une référence interne à Lemouzy, mais je préfère ne pas l’affirmer sans documentation d’époque.
Dans l’ensemble, cette radio, qui date des années 1937, est en assez bon état et semble avoir été bien conservée.
On remarque la présence d’un quatrième bouton sur la gauche. J’ai d’abord pensé qu’il avait été ajouté lors d’une réparation, mais il s’avère que, sur cette série, ce bouton était monté d’usine.
Le poste est équipé d’une série de tubes très courants à l’époque : 5Y3GB, 6F6, 6Q7, 6K7 et 6A8.
Il possède également un « œil magique », mais il ne s’agit pas d’un tube indicateur classique. Je pense qu’il s’agit plutôt d’un indicateur à ombre, mais cela reste à confirmer.
Du côté des composants, on peut dire que la marque a fait des efforts. Ils sont parfaitement rangés et disposés de manière assez propre. C’est plutôt rare pour une radio de cette époque, où le câblage est souvent beaucoup plus désordonné.
Je ne remarque aucune intervention ou modification antérieure, ce qui n’est pas pour me déplaire.
Le condensateur relié au secteur et à la masse sera tout simplement supprimé. Il présente un risque important et, même après toutes ces années, j’ai toujours du mal à comprendre son utilité dans ce montage.
Je remarque également que les condensateurs de polarisation des tubes sont bien rangés et facilement accessibles.
Un condensateur d’isolement de 10 000 cm est monté dans la partie BF.
Je remarque aussi qu’une coupure secteur est connectée sur les prises d’excitation et d’impédance.
Un grand nombre de fils devront être remplacés, car leur gaine isolante est devenue cassante et s’effrite.
Le transformateur est assez surprenant : certaines sorties sont raccordées sur les borniers, tandis que d’autres sont constituées de fils allant directement vers les tubes correspondants.
Les borniers sont bien présents, mais ne sont pas soudés.
Le bloc d’accord n’est pas courant et ressemble même à un montage artisanal.
Pour la suite, nous verrons au fur et à mesure de l’avancement de la restauration.
Restauration:
Pas de pitié ! Un maximum de composants en surface sera démonté afin de pouvoir procéder correctement à la désoxydation et à la mise en peinture du châssis.
Comme le montre la photo, tout a été démonté, à l’exception des supports de tubes, qui sont maintenus par des rivets.
Les blocs FI seront également démontés afin de procéder à leur nettoyage. Nous en profiterons pour les tester avant leur remontage.
Mesures relevées :
Transfo 1 Transfo2
1er self 1er self
9.2Ω 6.4 Ω
1,03 mH 0,93 mH
100pF 100pf
Self 2 Self 2
5.6 Ω 4.4 Ω
0,51 mH 0,51 mH
192pf 192pf
Transformateur d’alimentation !
Comme indiqué dans la description, j’ai soudé les différents fils provenant du transformateur d’alimentation sur les borniers correspondants.

Valeurs relevées:
Primaire !
115v 10 Ω
133v 13 Ω
145v 14 Ω
160v 16 Ω
220v 30 Ω
250v 36 Ω
Secondaire !
5v 0,7 Ω
6.3v 1 Ω
2x370v 2x500 Ω
Nous n’hésiterons pas à démonter les deux potentiomètres afin de nettoyer soigneusement les pistes, ainsi que le contacteur marche/arrêt. Cette opération permettra de rétablir des contacts fiables et d’éviter d’éventuels problèmes de fonctionnement
.
Le condensateur dont je parlais plus haut, relié au secteur et à la masse, est en réalité un double condensateur de 20 nF, relié à la phase et au neutre du secteur, avec son point commun relié à la masse.
Ce type de condensateur est à supprimer sans aucune hésitation.
Le câblage de l’alimentation sera entièrement refait. Celle-ci sera filtrée par deux condensateurs de 15 µF : le premier en amont de la self d’excitation et le second en sortie de cette self.
Tous les tubes seront testés. Je conserverai le tube 5Y3GB pour mes restaurations personnelles ; bien entendu, il sera réparé.
La méthode utilisée pour réparer ce tube sera également détaillée dans la rubrique « Documentation », afin de conserver une trace précise de l’intervention.
Toutes les résistances seront vérifiées. Leur tolérance est de ± 10 %.
Tous les condensateurs seront remplacés. Je ne reviendrai pas davantage sur la nécessité de cette opération, déjà expliquée précédemment.
Une fois le transformateur remonté sur le châssis et le câblage de la 5Y3GB rétabli, nous pourrons procéder à la mise sous tension afin de contrôler le bon fonctionnement de l’alimentation et de relever les différentes tensions.
Il faudra impérativement mesurer la tension de la haute tension d’alimentation afin de vérifier qu’elle ne dépasse pas 400 V, qui correspond à la tension d’isolement maximale des condensateurs de filtrage de l’alimentation.
La tension de croisière est d’environ 270v
À la suite de ces contrôles, nous pourrons procéder aux essais de puissance avec la 6Q7 en préamplification BF, puis la 6F6 en étage final de puissance.
En injectant un signal BF sur la grille du tube 6Q7, nous devrions obtenir un signal amplifié en sortie, audible dans le haut-parleur. Ce test permettra ainsi de vérifier le bon fonctionnement de l’étage BF et de l’étage final de puissance.
Il est impératif de s’assurer du bon fonctionnement de l’alimentation et de l’étage de puissance avant de poursuivre les travaux. En effet, si ces deux éléments ne fonctionnent pas correctement, la radio ne pourra pas fonctionner, même si les autres étages sont en parfait état.
Ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons procéder au remontage de la partie haute fréquence (HF).
Le condensateur variable a été nettoyé par électrolyse, ce qui permet d’éliminer les problèmes d’oxydation ainsi que les risques de court-circuit entre les lames.
Je rappelle que la méthode par électrocution est à proscrire, car elle présente des risques importants et peut être dangereuse.
Bloc d’accord:
Trois condensateurs ont été remplacés avant le remontage dans le châssis.
Comme le châssis était démonté, j’en ai profité pour contrôler minutieusement toutes les selfs, afin de m’assurer qu’aucun fil ne soit coupé. Un peu de bombe contact a également été appliqué sur le contacteur rotatif.
J’ai bien sûr refait le câblage de liaison avec le CV et le tube 6BA6. Le bloc d’accord est maintenant prêt à être remonté.
Les deux transformateurs FI ont été démontés comme expliqué précédemment. Il sera peut-être nécessaire de refaire leur réglage, mais cela sera vérifié en fin de restauration.
Les essais réalisés avec l’ensemble des tubes (5Y3GB, 6F6, 6Q7, 6K7 et 6A8) se sont révélés très concluants. La radio a immédiatement fonctionné en petites ondes (PO) et en grandes ondes (GO), à l’aide de mes émetteurs.
Avant de poursuivre le remontage complet, notamment avec son indicateur, et de lui ajouter un module, je l’ai laissée fonctionner plusieurs heures à l’atelier. Cela m’a permis de relever différentes températures et de vérifier notamment celle du transformateur d’alimentation.
Cette phase d’essai permet ainsi de s’assurer de la stabilité du fonctionnement avant de poursuivre le remontage définitif.
J’ai réalisé un petit relevé du schéma d’une partie de l’étage de puissance, notamment du circuit du correcteur de tonalité.
Je trouve ce dernier particulièrement intéressant, car il fonctionne très bien sans entraîner de perte notable de puissance, ce qui est plutôt rare.
Il se distingue nettement des correcteurs de tonalité utilisant la contre-réaction, dont l’efficacité me semble souvent assez limitée.
À la suite de ces opérations, j’ai procédé à l’installation du module.
Son alimentation est prélevée sur le circuit de chauffage des tubes (6,3 V), puis redressée en simple alternance à l’aide d’une diode. Un condensateur de 1 000 µF assure ensuite le filtrage de la tension.
Le signal BF est isolé par un condensateur de 10 nF, raccordé au potentiomètre de volume de la radio.
Rien de bien compliqué dans ce montage : quatre soudures suffisent pour installer le module. Et le tour est joué !
Je dois avouer que cette radio offre un son exceptionnel, aussi bien en Bluetooth qu’en FM grâce au module installé.
Le son est clair, puissant et parfaitement net, sans aucun ronflement parasite. Après plusieurs essais, je n’ai vraiment aucun défaut particulier à lui reprocher.
Le résultat est donc pleinement satisfaisant, aussi bien sur le plan sonore que sur celui du fonctionnement.
Caisse:
La caisse en bois n’étant pas très abîmée, j’ai préféré éviter un décapage complet, qui aurait nécessité un vernissage intégral.
J’ai simplement procédé à un léger égrenage, suivi de l’application de deux couches de vernis marin, qui lui redonnent toute sa brillance.
Avant cela, j’ai soigneusement nettoyé toutes les pièces en cuivre ainsi que les décors en laiton à l’aide d’une paille de fer extrêmement fine.
Ces éléments ont ensuite été protégés par une couche de vernis mat incolore, afin de préserver leur aspect d’origine et de les protéger durablement contre l’oxydation.
Je résume ici le travail en quelques lignes, mais il ne faut pas oublier que toutes ces opérations demandent plusieurs heures de travail, de patience et de minutie pour obtenir un résultat soigné.
Toutes les pièces se sont remontées sans aucun problème, et tous les trous de fixation se sont parfaitement retrouvés en face les uns des autres. Un remontage sans mauvaise surprise !
Conclusions:
Une restauration que j’ai particulièrement apprécié réaliser !
Il est vrai que cette radio a fonctionné sans aucune difficulté particulière. Je suis convaincu que le fait de tout démonter, de contrôler chaque composant, puis de nettoyer et de repeindre le châssis avant de tout remonter permet de repartir sur des bases saines.
Cette méthode demande certes beaucoup de temps, mais elle présente un avantage considérable : lorsque tous les éléments sont démontés et disposés sur l’établi, il est beaucoup plus facile de vérifier et de détecter d’éventuelles anomalies.
C’est un travail minutieux, mais qui facilite grandement la restauration et permet d’obtenir un résultat fiable et durable.
Vidéo de son fonctionnement:
(©) Cathy.L. & Dominique FOREY, Octobre 2026
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